Déjeuner en paix de Charlotte Gabris

Synopsis

« Paris, une terrasse de café ensoleillée.

C’est l’heure du déjeuner, les gens font la queue. Les salades sont immangeables, une tasse de thé coûte huit euros, le personnel est abject. Mais les gens font la queue.
Une jeune provinciale est attablée, seule. À ses côtés, une Parisienne attend son amoureux qui tarde à la rejoindre.
Deux femmes qui n’ont a priori rien en commun. Si ce n’est que l’une et l’autre se regardent, se jaugent, se moquent.
Peut-on parler fort, ne jamais sourire, et porter un panier en osier avec autant d’assurance et d’aplomb ? se demande la première.
Peut-on boire un verre de vin en trinquant… avec soi-même, et sembler heureuse malgré tout ? se demande la seconde.
Mais sont-elles si différentes ? Et qui sont-elles pour se juger si durement ? »

Mes Impressions

L’idée de deux filles qui se jugent l’une l’autre pensant n’avoir aucuns points en communs, se critiquant mutuellement, et qui, finalement, vont arriver à trouver des choses positives chez l’autre au fur et à mesure de leurs pensées. Cela permet de se rendre compte, que ce que l’on peut penser des gens, est souvent faussé par nos a priori.
J’aime leurs remises en question qui se fait grâce aux questions qu’elles se posent sur l’autre, et qui, à force de critiques, finissent par se donner des objectifs auxquels elles n’auraient pas pensé.
J’ai eu l’impression (par moment. Non en fait, très régulièrement) de me retrouver dans leurs pensées qui s’entremêlent, dans le fait de juger alors que je n’aime pas être jugée, de toutes ses pensées qui nous assaillent alors même qu’on ne faisait que regarder quelque chose ou quelqu’un, et la façon dont les rouages de notre cerveau peuvent nous amener à penser à une chose, qui est l’opposée de ce à quoi on pensait initialement.
J’ai été un peu déçue cependant des non-chapitres.
J’aime ce qui est structuré (c’est un peu mon côté maniaque haha) et je trouve donc que cela aurait été plus compréhensible de donner aux « chapitres » le prénom de celle qui est entrain de penser ou tout au plus un numéro de chapitre. Je pense que rien n’a été mis car dès le départ on ne connait pas le prénom des deux femmes, étant donné que c’est ce qui va être le dénominateur commun de leurs pensées; à savoir, comment la fille se trouvant en face d’elle s’appelle par rapport à sa façon de s’habiller et sa façon d’être. Et je pense donc que c’est une chose voulue par l’auteur afin de nous mettre nous aussi dans la critique de ces deux femmes. Peut-être même que cela a été fait pour nous déstabiliser, et si c’est le cas, ça a bien marché sur moi!
Il est vrai que l’être humain a tendance de beaucoup se fier au prénom de la personne pour juger de son caractère. Car on a tous connu une ou plusieurs personnes portant tel prénom, que l’on n’aimait pas, et de ce fait, à chaque fois que l’on rencontre une personne portant ce prénom, on la juge sur les personnes connues avant, alors que le prénom ne fait pas la personne.
Je viens de vous faire part de mon point de vue que j’ai eu tout au long de ma lecture, mais vous comprendrez, à la fin du livre, pourquoi les chapitres n’ont pas de noms.
J’ai trouvé que par moment le texte n’était pas assez aéré donnant l’impression de se perdre dans nos propres pensées.
Mais encore une fois, c’était peut-être le but de l’auteure. Car je me suis effectivement perdue dans mes pensées, comme les deux personnages principaux l’ont fait. Et je parle de texte pas assez aéré mais comme vous avez pu le constater, si vous avez lu mes autres articles, j’avoue faire un peu la même chose. Dès que j’écris, je me perd dans le fil de mes pensées et je rédige alors un flot de mots incessants.
Et voilà! Encore une fois je m’y perd. Bon, il est temps de revenir à l’essentiel de cet article, « déjeuner en paix« .
Le moment où elles commencent à ne plus critiquer l’autre d’en face, mais à faire le point sur leur vie ou sur pourquoi elles sont là à ce moment précis, aurait pu être bien et attractif mais le fait qu’il y est de long texte sans pause rend les choses un peu brouillon et c’est dommage car l’idée était bien.
Mais mis-à-part ces deux points « négatifs », et qui sont seulement mon avis personnel sur la présentation visuelle que j’aime dans les livres, je trouve qu’il y a un vrai parti pris dans le sujet de l’histoire. En effet, il faut arriver à écrire tout les rouages de pensées qu’une personne peut avoir en observant une autre personne, sans réelles conversations dans tout le livre, et réussir à donner autant de cachet dans ces « non conversations« .
On en vient à se demander si ce n’est pas les propres pensées de l’auteure, qu’elle a utilisé pour écrire son livre. Mais finalement, tout auteur se sert des ses expériences pour écrire.
J’ai vraiment trouvé intéressant de découvrir le déroulement des pensées de ces deux femmes et de voir dans quels retranchements et vers où ça allait les mener. Je me suis retrouvée assez souvent dans leurs pensées et leurs idées.

Les moments

La différence homme/femme

Les moments où elles commencent à critiquer les hommes, et la différence qu’il y a entre eux et nous, est exactement ce à quoi je pense régulièrement, et qui me fait cogiter de longs moments.
Comme le fait qu’une femme commence à se teindre les cheveux dès lors qu’elle a des cheveux blancs, alors qu’un homme avec des cheveux blancs, ou « poivre et sel », ça le rend sexy. Heureusement qu’aujourd’hui, les femmes commencent à mettre en valeur leur belle chevelure blanches ou grises et à ne plus en avoir honte.
Un autre fait!? Les poils sur les jambes pas sexy chez les femmes mais super sexy sur le torse d’un homme.

Les hommes peuvent faire des gosses jusqu’à leur mort, et surtout ils se sentent toujours rajeunir à partir de quarante-cinq ans, quand ils commencent à avoir des cheveux poivre et sel. […] Quelque chose de nouveau se développe dans leur être, une espèce de surconfiance en leur virilité et en leur beauté. Je ne sais pas pourquoi, mais soudainement, ils ont tous l’impression, voire la certitude, de ressembler à George Clooney. Même le plus moche des poivre et sel change d’attitude en buvant son café : « Hey, what else? » 

« What else »? Bah, beaucoup de choses, en fait… Déjà, pourquoi tu prends un air de beau gosse en sirotant ton Nespresso tout pourri alors que t’es accoudé à un bar crade, dans un troquet miteux […] Ça y est, t’as passé quarante ans, donc tu ne peux plus boire ton café normalement comme tout le monde?

J’ai apprécié cette introspection sur ce que ressentent les femmes vis à vis de toutes ces différences, et différences que l’on ne doit surtout pas mentionnées. Car on ne peut pas vouloir être féministe et se plaindre de ces différences!
Car si l’on souhaitait réellement cette égalité, on ne devrait alors pas leur demander de nous tenir la porte, de nous servir à boire à table, de payer l’addition, de nous faire passer en premier lorsqu’on entre dans un endroit ou qu’on est envie de se sentir protéger lorsqu’on est à leurs côtés. Mais je suis tout à fait d’accord avec l’auteure, cela n’a rien à voir avec le fait d’être féministe! Cela s’appelle de la galanterie, et la galanterie, c’est de l’éducation.

Le masculin l’emporte?

C’est comme le fait que l’on utilise régulièrement le masculin alors que l’on est des femmes. Un exemple tout bête, pourquoi dit-on « ils sont tous là« , alors que dans le « ils » c’est un groupe de femmes et d’hommes. On pourrait très bien dire « elles sont toutes là« , car ce sont des personnes et que le mot personne est féminin. Ou encore, je viens de noter « de femmes et d’hommes« , mais instinctivement j’allais écrire « d’hommes et de femmes« , et donc mettre l’homme en premier. J’ai donc intentionnellement mis la femme devant.
Le copain de l’une des deux femmes lui dit qu’elle est « une fille qui a des couilles« , ce qui l’a met en colère car elle trouve cela « ridicule de donner un attribut masculin aux femmes pour saluer leur courage » et je suis tout à fait d’accord! C’est comme si l’on indiquait que seuls les hommes ont du courage et que lorsqu’une femme fait ce qu’un homme « ferait » (dans les conventions bien sur) et bien c’est qu’elle a des couilles, car une femme en tout bien tout honneur ne le ferait pas. C’est pourquoi je n’utilise pas ce terme! Et non, mes chers Capricieux, moi je dis les ovaires, au moins cela me représente, plutôt que de dire mes couilles alors que je n’en ai pas et je suis fière d’être une femme qui s’affirme (même si parfois c’est difficile de le faire). Donc je ne dis pas, lorsqu’on est vulgaire, tu me casses les couilles, mais tu me casses les ovaires! haha
Et le terme « de la chatte? » Ce mot me met souvent hors de moi car c’est un mot pour un animal, pour « un chat de sexe féminin », et on ne peut plus l’utiliser sans que cela prête à confusion ou que les gens partent dans une ribambelle de rire.
Comme l’auteure l’explique, son copain utilise le terme « avoir de la chatte, chaque fois qu’un truc facile lui tombe dessus ». Ça revient à dire que les choses sont toujours simples pour les femmes, que rien de compliquer ne leur arrivent, que tout leur tombent dans la main.

Le monde a t’il réellement changé pour les femmes?

La nouvelle vie de madame bien habillée, ses nouveaux amis, ses nouveaux QG, ses nouvelles lubies! Le fait que ça ne plaise pas à son conjoint me font cet effet de retour en arrière, lorsque les femmes n’avaient pas le droit à la pensée et que seuls ce que les hommes faisaient ou pensaient étaient importants. Et ça me fait surtout penser que même si le monde a changer, finalement le rôle de la femme n’a pas tant changé que cela et ça me met en colère car malgré tout les changements positifs qu’il y a eu pour les femmes au fils des décennies et pour lesquels les femmes se sont battues, on continue à nous donner cette « non importance » et on ne fait pas forcément ce qu’il faut pour que cela change. C’est bien beau de le dire mais il faut aussi agir !

Les remarques déplacées

L’allusion au dessert. Le fait de sous entendre des choses. Le fait qu’au final on ne sait jamais si un homme dit ça vraiment pour rire ou si il y a réellement des sous entendus. Car bien évidemment qu’un homme n’irait pas dire ça à un autre homme. Cela serait bizarre.

« Tu prends un dessert pour ton amoureux?   Non c’est pour moi.   Et bah, dis donc, t’es une gourmande, toi! »          

L’insouciance

Le fait que les deux femmes pensent la même chose par rapport à la petite fille qui fait beaucoup trop de bruit et qui pensent que les deux autres ont un comportement qu’il ne faudrait pas en souriant ou pas, me fait sourire. Car finalement, elles pensent toutes les deux la même chose de cette petite mais se critiquent l’une et l’autre. L’une pense qu’elle a l’instinct maternel et l’autre non! Au final, ce ne sont que des non-dit, qui nous montre que l’une et l’autre se ressemble plus qu’elles ne le pensent.

Les obligations lorsqu’on est une femme?

L’expression catherinette ! Que dire de cela !
Rien que le fait que l’on rappel à la femme, qu’à 25 ans elle n’a toujours personne et que ce n’est pas normal, à son âge, de ne pas être casée est révoltant. En quoi, être avec un homme nous rendrait plus épanouie et plus apte à vivre. Je trouvais déjà cela offensant au Xème siècle, lorsque cette tradition a été inventée (et encore c’était les principes même de l’époque que de rappeler aux femmes ce qu’elles devaient faire), mais à notre époque; au XIème siècle, rappeler à la femme où elle devrait en être dans sa vie, et l’obliger à se sentir mal car elle est seule, n’est pas normal. Cela prouve qu’il y a toujours ces stéréotypes dans lequel les femmes devraient rentrer dans un certain moule.
Dans le livre, ses copines lui ont offert un chapeau de la Sainte Catherine. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, c’est donc un chapeau que l’on offrait aux femmes ayant atteint l’âge de 25 ans et étant toujours « célibataire ». C’est un chapeau sur lequel il est mis des petits objets détaillant, normalement, des passions de la personne à qui on l’offre.
En soi cela pourrait être un joli cadeau, en rappelant les passions d’une personne sur un accessoire, mais ce n’est simplement qu’une marque « physique », pour montrer aux gens que la personne est libre et qu’il est donc temps qu’elle soit casée.
L’auteure fait d’ailleurs référence au bonnet d’âne que l’on mettait sur la tête des enfants qui n’étaient pas sages à l’école et qui avaient de mauvaises notes. Et elle a tout fait raison de dire que l’on ne se permet pas d’offrir aux femmes mariées, ou aux jeunes mamans, un pull immonde en leur disant : « Tiens, pour te rappeler que tu ne feras plus jamais l’amour avec un autre homme que le tien, ou plus l’amour tout court, d’ailleurs! ». est très juste.
Ma maman m’a offert un chapeau de la Sainte-Catherine lorsque j’ai eu 25 ans. J’avoue ne pas l’avoir trop mal pris car je sais que ce n’était pas partie d’une mauvaise attention, au contraire, c’était plus pour marqué le coup de mon « demi-siècle » (quel mot horrible! Cela donne cette impression d’être déjà super âgé alors que l’on est que dans notre vingtième année de vie), avec un chapeau personnalisé et fait pleins d’amour par mes parents (chapeau que j’ai toujours en décoration dans mon bureau et dont je ne me séparerai jamais).

Les moments de sourire et de souvenirs

La référence aux souvenirs de l’enfance (page 92) et à l’enfance qui se termine m’a fait sourire.
Le fait de se dire « À quel moment on a plus eu le droit de faire ceci ou cela seulement parce qu’on était plus grand !?»; l’insouciance d’être une enfant me manque.
L’explication sur la nostalgie de l’enfance, sur le fait que lorsqu’on était petit, on voulait être grand me fait sourire car aujourd’hui je dis toujours qu’il faut profiter d’être un enfant et j’aurai aimé écouter cela lorsqu’on me le disait.
Je trouve ça dommage, que maintenant, les enfants grandissent beaucoup trop vite, qu’à 11 ans, ils sont déjà entrain de fumer, que les filles se maquillent déjà et portent déjà des sacs à mains et des talons à l’école.
Car, même si par moment il était difficile d’être une enfant, j’ai aimé être une enfant; jouer, rigoler, être insouciante, ne pas se soucier tellement de son apparence, savoir jouer toute seule alors qu’aujourd’hui les enfants ne savent plus faire cela, s’inventer des rôles et j’en passe.
Je me rappelle très bien du moment où j’ai du réellement grandir. Le moment où alors que je n’avais pas vraiment de poitrine, comparé à d’autres filles de mon âge, et que je ne m’en souciais pas vraiment; un garçon m’a fait remarqué que je ne pouvais pas porter un haut comme cela alors que je n’avais pas de poitrine. Je me suis sentie mal toute la journée, à garder les bras croisés devant ma poitrine et j’ai gardé ce mal-être jusqu’à il y a encore peu.
Sa pensée sur le temps est exactement ce à quoi je pense, et surtout, lorsque je vois ma vie actuelle (page 96).

« J’aimerai tant retourner en arrière, pour revivre mon enfance, mais avec mon âme d’adulte. Je me sens encore profondément triste de ne plus être une petite fille. Je ne supporte pas le temps qui passe, je suis obsédée par chaque seconde qui s’écoule. […]       Et plus j’essai de profiter, moins je profite. Moins je profite, plus je me dis que j’aurai dû profiter.

La partie où elle dit se sentir vieille, car elle pense comme une vieille, m’a fait sourire car c’est justement ce à quoi je pense en général.
Lorsque je m’entend dire, « Avec mon premier argent de poche, j’ai acheté mon premier single (tu n’as pas connu les singles)! « Ah tu n’as pas connu le Minitel ou le tam tam! ». Et le fait qu’à l’époque on se donnait rendez-vous à telle heure et qu’il fallait y être car on n’avait aucuns moyens de prévenir l’autre que l’on serait en retard, m’a également fait sourire, ça m’a rappelé toute mon enfance.
Rien que le fait de dire « toute mon enfance » me font penser que, ça y est, je suis passée du côté des « vieux »!
Le paragraphe sur le fait qu’on ne voit jamais dans un film un homme fragile et timide s’amouracher de la bad girl qui a une liste impressionnantes d’amants. Car bien évidemment une fille n’a pas le droit de coucher avec plein de mecs, d’être méchante, d’avoir un côté mystérieux, pas de cœur et d’être une bad girl. Mais un homme peut faire toutes ces choses là, ce sera juste un séducteur, mais une fille, bien évidemment que non, ce sera tout de suite une fille facile.
Le fait qu’elle dise qu’elle est de la répartie mais seulement dans sa tête, c’est exactement mon cas (page 140). J’ai toujours les bons monologues à sortir aux gens, les bonnes choses à dire, les reparties cinglantes, mais seulement dans ma tête, haha!

Les moments drôles 

« Ça y est, t’as passé 40 ans, donc tu ne peux plus boire ton café normalement comme tout le monde? »  Mais est-ce que moi je me prends pour Uma Thurman chaque fois que je bois un putain de Schweppes aux agrumes ? Non, je ne crois pas… Est-ce que je regarde les hommes à chaque gorgée en disant : « Hey, what did you expect? » Non plus … »
Le moment où elle se dit, ce qu’elle dira à son enfant pour lui demander pourquoi elle l’a fait souffrir le jour de son accouchement m’a fait rire. Et j’imaginais la tête de l’enfant incrédule devant sa maman qui lui dis qu’elle arrête de faire semblant de ne pas se souvenir l’avoir fait souffrir le jour de sa naissance (page 95).
La partie sur le fait de mettre du papier au fond de la cuvette pour que son copain ne l’entende pas faire pipi m’a rappelé des souvenirs haha
Le fait que les filles tombent sous le charme des mauvais garçons car c’est dans la culture des séries et des films de nous faire croire que l’on peut changer un homme et que l’on y trouvera notre prince charmant en dessous de tous ses artifices m’a fait sourire car c’est exactement ce à quoi je pense depuis que je suis jeune et je continue à regarder et fabuler sur ce fameux prince charmant rebelle, et qui, soyons honnête, ne viendra jamais.
J’ai aimé apprendre la référence sur l’expression « Je suis charrette« .
« Les architectes d’intérieur l’emploi, parce qu’à l’époque, quand il fallait rendre physiquement son travail, une charrette passait pour récolter les croquis. »
« Je veux un lambda mi-pouf mi-cruche, qui est connu maximum 12 filles. »
L’explication sur les débats en terrasse parisienne n’est pas du tout faux! Mais c’est le français en lui même qui débat sur tout et tout le temps, et qui trouve toujours un moyen de rendre les choses les plus simples négatives, comme si c’était dans les gênes du français d’être comme ça!

Conclusion

Le fait qu’il n’y est pas de prénoms dit de manière régulière ou que l’on ne sache pas à qui appartient quel chapitre, lorsqu’on en commence un, m’a finalement permis de connaître le caractère de chaque personnage dans sa façon de parler et « d’être ». Et grâce a cela, de ne pas me focaliser sur le fait que le prénom fait la personne mais plutôt sur la personnalité de celle-ci et sur ce qu’elle est réellement. Je me dis que c’était donc sûrement le bon vouloir de l’auteure afin que l’on puisse ne faire qu’un avec chacune des deux femmes et qu’on se rende compte qu’il faut apprendre à connaître une personne pour ce qu’elle est au fond d’elle-même, et non pour le prénom qu’elle porte ou son apparence.
Et à la fin (page 145), on se rend compte que c’est bien l’un des messages que l’auteure a voulu faire passer.
Car le personnage explique que dans son couple il ne s’appelle plus par leur prénoms mais par des surnoms. Surnoms qui « ont remplacé l’être », car qu’importe le prénom ou le petit nom qu’on se donne, on finit souvent par oublier que derrière tout ça, derrière le prénom, le surnom, l’apparence, il y a un être vivant, un cœur qui bat, du sang qui coule dans leur veine, une personnalité, des envies et des espoirs, tout ce qui fait que l’on est « humain ». Et, à notre époque, on l’oublie de plus en plus et on se perd dans le paraître.
Mais finalement est-ce-que l’être humain n’a pas toujours été comme ça!? Dans le paraître et le pouvoir. L’Homme a toujours aimé le paraître, on le voit avec les guerres de pouvoirs qu’il a pu y avoir tout au long des siècles. Avec la femme soumise par l’homme, c’est encore une démonstration de pouvoir de l’homme. Les rois et leur excentricité dans ce qu’ils faisaient ainsi que dans leur apparence.

Une fin

Une fin à laquelle je ne m’attendais pas, même si je suis plutôt perspicace en général.
Une fin qui nous fait comprendre pourquoi l’auteur n’a pas voulu indiquer de prénoms, une fin qui nous montre l’introspection profonde d’un personnage.
Une fin qui nous rappelle que l’enfance est importante et qu’il faut tout faire pour préserver l’innocence et la joie de vivre des enfants, avant qu’ils ne tombent dans le monde négatif et critique des adultes.
Un livre sur une même personne, un livre sur les souvenirs d’une personne et ce qu’elle aurait aimé se dire a elle-même à l’époque et ce qu’elle aimerait se dire aujourd’hui.
Et même si cette fin est inattendue, elle m’a invité à me recentrer, à me dire que malgré tout, on est tous humain, et que dans la personne que l’on critique, c’est peut-être nous-même que l’on critique. Qu’il y a dans cette personne sur laquelle on a tant de haine, alors qu’on ne la connaît même pas, peut-être plus de ressemblance qu’on ne pourrait le croire et que si on la critique sans arrêt, alors on se critique. On critique notre apparence, on critique nos qualités, on critique nos faiblesses et on se rabaisse nous-mêmes.
On devrait tous se tirer vers le haut et d’abord commencer par nous-même afin de pouvoir peut-être un jour rendre service à quelqu’un qui sera dans la même situation que dans laquelle on a été, et par nous aider nous-même. Car critiquer les autres c’est peut-être, finalement, leur demander l’approbation d’être qui on est, de ce dire qu’on est mieux qu’eux et de ne pas se remettre en question. De se dire que ce qu’on est, et ce qu’on fait, est bien.
On en vient à se dire que l’on fait exactement la même chose, en tout cas pour ma part, alors que je n’aime pas les gens qui critiquent sans connaître (ayant déjà eu à faire à ce genre de critique) mais je me rend compte que je fais parfois la même chose et ça nous met dans une sorte d’introspection.
Et je me rend compte que c’est exactement ça! J’ai toujours l’impression d’être la seule à me poser tant de questions en observant les autres , mais en lisant ce livre je me dis que finalement peut être que tout le monde fait ça! En tout cas, la plupart des gens.
Que c’est dans nos gènes de critiquer et de se poser des milliers de questions sans cesse. J’ai toujours l’impression d’être la seule à avoir des pensées qui tournent dans ma tête à mille à l’heure et que je ne suis pas normale mais peut-être que c’est cela; de vivre!
Et si on arrêtait tous de se critiquer mais surtout de se critiquer soi-même, afin de pouvoir, comme le dit si bien l’auteure, « déjeuner en paix »!
Je vous laisse donc découvrir si le livre de Charlotte Gabris, en vaut le coup et qui va vous faire entrer dans une introspection, ce qui n’est pas toujours facile mais qui en vaut vraiment la peine.
Voilà mes petits Capricieux, je vous laisse donc prendre le temps de « déjeuner en paix » 😉
PS : vous m’excuserez pour le texte qui est très compacté mais j’ai eu un soucis avec la mise en page que je n’arrive pas à régler.
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